SCORPIONS
Lovedrive

Sortit en 1979

Line-up :
Klaus Meine : Chant
Rudolf Shenker : Guitare rythmique, solo et acoustique
Matthias Jabs : Guitare solo,  rythmique et acoustique
Francis Bucholtz : Basse
Herman Rarebell : Batterie

Mickeal Shenker joue les solos de Another Piece Of Meat, Coast To Coast et Lovedrive.

Produit par Dieter Dierks.

Il est temps du renouveau pour Scorpions. Le départ de Uli après une tournée triomphale dont plusieurs dates à Tokyo au Japon (et quelles dates !) permet à Rudy d’exposer plus largement son influence au sein du groupe. En effet, il compose ou co-compose avec Herman les 8 titres de ce disque qui annonce une couleur plus directe, plus heavy mais aussi plus nuancée.

La pochette de Lovedrive (la célèbre pochette chewing-gum) sera sujet à controverse au pays de l’oncle Sam et remplacée par le logo du groupe surmonté d’un scorpion au dard étincelant.
Malgré cet incident, l’album commence à faire percer le groupe là-bas et l’album suivant enfoncera le clou.

Ce qui est notable dans ce changement de cap, c’est aussi le look du groupe qui se fera doucement mais sûrement. Finit le look jean, le temps est au cuir et au lycra. Rudolf devient plus présent sur scène et développe le jeu de scène qui lui est propre, à savoir les moulinets et la gueule grande ouverte.

Une intro de Rudolf astucieuse qui présente un peu le nouveau son du groupe. Bien plus direct, métronomique, carré qu’un morceau de Virgin Killer par exemple. Loving You Sunday Morning présente aussi Matthias Jabs qui parsème des phrasés pour ponctuer le chant de Klaus, toujours pétillant.
Quand arrive le moment du solo, on sait que Matthias tient bien la route malgré la précarité de son post. En effet, Mickeal Shenker viendra lui bouffer dans la main mais sera remercié à cause de son comportement ingérable.

Another Piece Of Meat est très bien placé. Car si Loving You ne vous a pas convaincu, ce premier va vous arracher la tête. Riff incroyable, section rythmique d’enfer et refrain diablement accrocheur. Rien de plus pour émoustiller le métalleux en mal de puissance.
Le solo est de Mickeal Shenker et allume les tympans.

Enchaîné directement à un speed de haut vol, Always Somewhere est beau. Rien de plus, rien de moins. C’est ce que la presse spécialisée s’accorde à appeler une power-ballad. Une introduction qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’arpège de Simple Man de Lynyrd Skynyrd sans pour autant être un affreux pompage puisque la suite n’a rien à voir.
Le solo est beau, les paroles simples et romantiques et la batterie de Herman, berçante et profonde.

Un instrumental pour cet album, un ! S’en suit alors Coast To Coast, génialissime fantasme de Rudy. Son bébé à lui tout seul. Il sera d’ailleurs joué en live pendant longtemps avec Klaus Meine à la guitare.
La structure est typique de la chanson. En effet, il pourrait s’agir d’un « couplet/refrain » mais instrumental.
Le break insinue un tension particulière. La basse gronde, une respiration se fait entendre, le solo commet son crime. Déchirant et terriblement inspiré. Mickeal Shenker assure.

Il faut une cinquième place pour cet album. Un morceau qui décape, qui décroche la tête, sans compromis, sans pitié.
Ainsi, Can’t Get Enough propose tout ces ingrédients. Une arythmie reconnaissable dès la première mesure : un morceau totalement désarticulé. La voix de Klaus est agressive, puissante et efficace. Là, respect.
Le solo de Matthias, vibrato en main fait fureur.

Is There Anybody There ? Un heavy-reggae ? Un reggae-hard ? Autant de termes pour finalement convenir d’un seul truc : ce morceau est très peu typique du groupe. Il s’agit d’un reggae sur le couplet et devient plus plaintif et rythmique sur le refrain. Par ailleurs, ce dernier est foutument accrocheur, comme Scorpions sait si bien les faire.
Les chœurs se déchirent au début et à la fin et Klaus hurle. Matthias signe là un solo inspiré, écrit et non pas improvisé.

Imaginez vous sur l’autoroute, en plein été mais c’est la fin d’un après-midi de canicule et le jour décline. Imaginez vous sur cet autoroute dans un coupé cabriolet et là, vous y êtes. Lovedrive déboule à tout berzingue grâce à un roulement de basse lourd et frénétique. Les harmonies de guitares de Mickeal Shenker envoie tout dans le décor.
Côté parole, vaut mieux pas trop y penser si on ne veut pas perdre l’illusion de la route. En fait, ces paroles illustrent bien la pochette.

Pour conclure en beauté, le long Holiday propose trop parties. La première est celle qui est jouée en live régulièrement après la sortie de cet album. La seconde est plutôt heavy mais reste romantique, mélodique. La troisième est belle à mourir. Elle décline de loin en loin, se fait oublier petit à petit. Le solo de Rudolf est une merveille et aide à conclure un très bel album.

Analyse de la pochette : Je me suis toujours demandé la véritable signification de ces photos. Est-ce un délire kitch de l’époque mélangeant le sexe et la bouffe ?
Est-ce que ces illustrations sont plus sombres qu’on pourrait le croire ?
En effet, le sourire vicieux du gars à l’intérieur de la pochette peut porter à confusion.

Autant d’interrogations et de mystères. Ce sera la même chose pour la pochette d’Animal Magnetism.

Points forts : Cet album est intéressant de bout en bout. Aucune longueur à déplorer.

Points faibles : Euh ?